Once upon a time – Myriam Tirler Olivia Creed

Vernissage le vendredi 27 mai 18h00. Exposition du 28 mai au 18 juin 2016

Pourquoi les voit-on comme perdues dans une forêt que personne n’aperçoit? Dites-moi pourquoi elles donnent cette impression, l’une dans l’image, l’autre face à elle? Certainement, on ne peut pas tout dire. Ce serait trop. Tout le monde sait qu’il y a beaucoup de choses. Mais si l’on devait les décrire, une majorité paraîtrait ennuyeuse.

Elles visitaient des lieux, traversaient des restes d’industries, contournaient des cités, s’arrêtaient dans des snacks, regagnaient des régions d’entrepôts et de feux, de terre-pleins très décorés, de parkings en épi. Dans leur Chevrolet, elles sentaient les pneumatiques entailler les bitumes amollis. Dans la perspective des sillons, plusieurs arbres décalés pouvaient donner l’impression d’une présence végétale. C’était l’épaisseur de la forêt remembrée des états de l’est à l’ouest. D’ailleurs personne n’était là pour en discuter. Tout le monde s’en foutait d’une définition possible de la forêt une fois celle-ci disparue. Dans leur véhicule qui rutile, que le soleil n’abandonne jamais, elles respiraient tout l’air qui leur était nécessaire. Pourquoi les voit-on alors égarées dans une forêt dont aucune image ne témoigne ? Elles dévalaient, en pente libre. C’était leur mouvement. Parlant, elles paraissaient se jeter à bas de leurs phrases mêmes. Partant, elles déboulaient encore. L’impression est délicate à transcrire. Leur tendance, leur caractère pourrait-on dire, c’était la prise de vitesse. En attendant, elles basculaient vers le Pacifique. Aucun arbre au lointain. Alors pourquoi, avec une telle insistance, cette impression qu’elle sont dans l’ombre sans cesse recommencée d’une forêt ?

Parce que la forêt ce sont elles, deux forêts qui marchent, qui avancent. C’est là qu’elles se perdent, qu’elles nous perdent, en elles-mêmes, plantant les déserts de leurs ombrages. Et lorsque l’on avait peur pour elles, dans le paysage, c’est que l’on n’avait pas saisi que c’était elles qui le transformaient, le plantaient, le menaçaient, l’enchantaient. Jean-Yves Jouannais

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Comme si tout cela devait disparaître – Pascal Cavin

Vernissage le jeudi 14 avril 18h00. Exposition du 15 avril au 7 mai 2016

Fugace obsession de la reproduction. En trois déclinaisons: voitures, façades, trinité. La reproduction nous hante, parce que les événements n’ont lieu qu’une fois: ce qui en l’occurrence est saisi par la photographie, c’est l’instant unique qui jamais plus n’adviendra. La photographie, elle, est reproductible à volonté. Mais au fait, les vingt-quatre poses égyptiennes? Le film, la fluidité, ce qui passe. Or ici rien ne bouge. Les voitures aux antipodes de leur nature. Scotchées. Clouées. Oubliées. Mais au fait, la peinture? S’éprend-elle ici jalousement de la photographie? Elle semble s’appeler elle-même, convoquer sa propre perpétuation, pour saisir, encore et encore, quoi? Peut-être cette trinité douce, sombre et imperturbable, dont chacun des éléments invariablement s’ignore, qui laisse place en son centre à une ouverture, pleine et désertée. Et au zeppelin que personne ne regarde. Comme si quelque chose devait arriver, était attendu, dans cette immensité suspendue, et que le geste de l’artiste infiniment répété visait à atteindre cet instant imaginaire à jamais hors de portée. Olivia Studer

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Le mur des vanités – John Lippens

Vernissage le jeudi 21 janvier à 18h. Exposition du 22 janvier au 13 février 2016

«A quelle part de vous-même avez-vous renoncé pour de l’argent?»

Question coup de poing qui s’adresse à chacun de nous et qui sera posée aux visiteurs de l’exposition. Ils découvriront un grand mur recouvert de photographies de la série «vanités en pièces», sur lesquelles ils pourront écrire leur réponse au marqueur. Ce mur des vanités tiendra autant de la paroi recouverte de photos, d’indices et d’interrogations, typique des séries policières, que du dazibao, qui a pu servir en Chine de moyen d’expression populaire. Il est simultanément support d’une «enquête» et d’un appel à participer à la finalisation de l’image.  Ces deux dimensions, celle de l’enquête sociologique et celle de l’art participatif, sont porteuses de désillusion, redoublant ainsi le thème de la vanité. Il n’est pas non plus sans rappeler le mur des réseaux sociaux sur lesquelles les images publiées sont régulièrement commentées, faisant alors office d’action artistique inspirée par Internet sans adopter son langage numérique.

Une Action Lausanne Contemporain (N°41) de l’artiste sera proposée durant cette exposition.

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Ultimate Collection – Alain Weber

Vernissage le jeudi 17 septembre à 18h30. Du 18 septembre au 10 octobre 2015 

La collection d’Alain Weber se scinde en deux, entre légèreté pop, épiphanie graphique et mystérieuse obscurité, ésotérisme. Ce sont autant de paradoxes qui se reflètent dans sa collection et qui résonnent dans notre propre duplicité quotidienne.

Marqué par l’efficacité propre à la culture pop et à l’industrie du divertissement, c’est vers le gimmick et la formule qui accroche que le collectionneur tend dans le choix de ses œuvres. Autant dans le cinéma (qu’il a étudié à New York) que dans le graphisme (dont il a fait son métier), un certain pragmatisme est de mise: il faut directement accrocher l’œil du spectateur. Dans beaucoup d’œuvres de la collection d’Alain Weber, on peut sentir un jeu avec cette efficacité pop, une déconstruction ou une mise en perspective des ficelles du divertissement, de la machine à divertir. L’impact des oeuvres n’est pas médiatisé par mille concepts ou entouré d’un dispositif théorique pompeux. Aussi, tout en étant très érudit, Alain Weber n’en verse pas pour autant dans l’intellectualisme: il cultive cet impératif d’immédiateté et ce pragmatisme.

Un livre avec un tirage de tête est publié chez art&fiction à l’occasion de cette exposition. Les dix exemplaires de tirage de tête sont accompagnés d’une oeuvre originale de l’artiste Christian Stuker.

Espace abstract
Route de Genève 19
1003 Lausanne
Horaire : Ve-Sa, de 16h30 à 18h30 et sur rendez-vous

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Boom #372 Isabelle Schiper

Vernissage le 29 mai dès 18h30, dans le cadre de Flon Art 2015
Exposition du 30 mai au 20 juin 2015

Les formes fragmentées, faites d’une multitude de traits à la fois fins et doux mais également assurés et dynamiques, permettent de développer de manière nouvelle la notion de volume. Et ceci par un subtil jeu entre présence et absence des traits. Le contraste entre douceur et violence qui se dégage des formes, qu’elles soient volutes, explosion ou implosions, est saisissant. Qu’ils soient confiants et droits pour rendre un dynamisme ou courbes pour un côté poétique, ces traits permettent de matérialiser la forme de façon si prenante qu’elle en devient presque palpable.

A travers des mélanges entre la couleur et les gris sur papier, le dynamisme du trait est accentué, rendant les volumes explosifs. Plus qu’explosif, la dimension colorée amène de l’éclat et un réel mouvement. Il s’agit plus d’un rendu d’une action, plutôt que d’une forme et ce, grâce à une multitude subtile de traits. Ces objets en lévitation créent alors une quasi narration qui permet d’instaurer une relation entre le papier et le spectateur. Prêts à sortir de la feuille, ces volumes en mouvement vont littéralement à la rencontre de celui qui les regarde. Ils s’imposent avec douceur dans l’espace réel, comme un phénomène en action qui vient au regardeur, plutôt qu’une forme figée.

Une discussion avec l’artiste est organisée le samedi 30 mai à 17h00, dans le cadre de Flon Art.

Espace abstract
Route de Genève 19
1003 Lausanne
Horaire : Ve-Sa, de 16h30 à 18h30 et sur rendez-vous

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